Logo ligup avec Logo ligue contre le cancer

Le goût du risque

Posté le 19 mars 2018

Clap Santé

« Qui ne risque rien, n'a rien », comme le dit le proverbe. Prendre des risques permet d'avancer et de grandir. Comment concilier l’intérêt que peut présenter la prise de risque, la liberté de chacun et la sécurité de tous ? Peut-être en adoptant une démarche raisonnée…

 

Bien-être

 

TÉLÉCHARGE LE NUMÉRO

LIS LE NUMÉRO EN LIGNE

Abonne-toi au magazine Clap’santé en téléchargeant le bulletin et en l’envoyant par courrier à : La Ligue contre le Cancer - Service Prévention - 14 rue Corvisart - 75013 Paris ou par email : magazine.clapsante@ligue-cancer.net

 

 

Retrouve ci-dessous des informations complémentaires à ce numéro :

Les probabilités, qu'est-ce que c'est ?

(Complément de la page 2)
Tu as certainement déjà joué à pile ou face pour décider qui dormirait dans le lit du haut ou qui donnerait le coup d'envoi d'un match de foot. Lorsque la pièce de monnaie n'est pas truquée, il est impossible de savoir de quel côté elle tombera. C'est le hasard qui tranche ! Les mathématiciens ont inventé les probabilités pour mesurer la chance que telle ou telle issue arrive. Avec une pièce, il y a une chance sur deux. Avec un dé à six faces, c'est une chance sur six. Logique !

En matière de santé, les probabilités permettent d'estimer le risque de développer une maladie en fonction de l'âge, du sexe, des antécédents familiaux et du comportement d'une personne. En reprenant le comptage des personnes atteintes de cancers sur une population totale, on peut attribuer la probabilité d’avoir un cancer. On peut ensuite voir si cette probabilité est plus forte en fonction de l’existence du tabac, de la pollution…

Un fumeur de 60 ans dont les deux parents ont eu un cancer du poumon aura plus de risques de développer un cancer qu'un jeune qui n'a jamais touché au tabac.
Pourtant certains personnes non fumeuses et ne présentant pas d’autres facteurs de risque peuvent développer un cancer du poumon. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui nous ne connaissons pas tout, ni tous les facteurs de risque de cancer. Et nous laissons donc cette part d’inconnu à ce que nous appelons « le hasard ».
À l’inverse, certaines personnes qui fument ne développent pas de cancers et décèdent d’une autre maladie. Cela ne remet pas en cause le fait que le tabac est une cause de cancer. Le décès de ces personnes est lié à autre chose, mais rien ne prouve qu’elles n’auraient pas eu un cancer en vivant plus longtemps.

C’est comme lorsque tu joues aux dés. Tu peux faire un grand nombre de lancés sans faire un six. Selon les probabilités, le six finira bien par sortir, il sortira si tu continues à lancer.


Le principe de précaution, qu'est-ce que c'est ?

(Complément de la page 12)
Dans le domaine de la gestion des risques, il est important de distinguer :

  • la prévention, qui correspond à la gestion des risques connus et avérés, mesurables,
  • de la précaution, qui correspond à la gestion de risques incertains.

Le principe de précaution a été massivement appliqué pour la première fois dans les années 1980 lorsqu'un trou a été découvert dans la couche d'ozone qui protège la Terre des rayons UV. Face à la menace, les Hommes ont interdit certains gaz susceptibles d'agrandir ce trou sans être sûrs qu'ils en soient responsables. Attendre que les scientifiques aient des certitudes aurait été trop dangereux y compris pour les générations futures. L'ozone ne se répare pas ! En France, le principe de précaution a été inscrit dans la Constitution. Ce sont les pouvoirs publics qui décident de l'instaurer. Ils ont par exemple interdit le Bisphénol A dans la fabrication des biberons ou la culture des légumes génétiquement modifiés.

Avec le principe de précaution, rien n'est définitif. Lorsqu'il est appliqué, les scientifiques continuent de travailler pour approfondir les connaissances. Si la science démontre que le risque n’existait pas, où que les conditions l’ont fait disparaitre, les interdictions sont supprimées. S'il est avéré, la précaution laisse place à la prévention.